Toutes ces agitations et supputations simplement parce que deux plateformes politiques ont fait une déclaration politique commune dans laquelle elles font des propositions à leurs leaders respectifs. Quoi de plus normal! Surtout dans un pays qui se veut une démocratie…
Que deux puissances politiques, jadis opposées, se mettent ensemble pour faire une proposition au Président n’est en aucun cas signe que le Senateur Kabila impose au Président Fatshi. C’est plutôt une preuve que nous sommes bel et bien en démocratie.
Cela dit, Fatshi n’a pas été élu Roi dans une monarchie absolue, il a été élu président dans une République au regime semi parlementaire. Il a des pouvoirs limités.
En même temps, le FCC de Kabila a la majorité à l’Assemblée nationale et ça ce n’est pas la faute de Fatshi. Le Cash est ainsi obligé de coaliser avec le FCC; Que l’on aime son leader Kabila ou pas. C’est la Constitution qui le lui oblige. Et l’Etat de droit c’est d’abord respecter les textes.
Tout ceci me conduit à ce constat : Le cas du President Fatshi a beaucoup de similarités avec celui d Barack Obama et de Tata Mandela.
Le premier mandat du premier President noir des USA avait suscité beaucoup d’espoir. Mais trés vite les critiques se sont multipliées. Pour la simple raison qu’on attendait trop et tout de lui et en un temps trop court.
Quand Obama a accedé à la maison Blanche, les depenses massives engagées par Bush pour soutenir ses guerres contre “l’axe du mal” et la crise financière qui venait de se déclencher avaient plongé l’économie des USA dans un gouffre.
Hormis redresser l’économie, l’opinion publique nationale et même internationale attendait tout sauf rien d’Obama : Qu’il mette fin aux discriminations raciales aux USA, fin aux guerres dans le monde, fin à la misère en Afrique, fin à ceci..Et tout cela en quelques mois seulement. Faute de quoi on le vilipendait.
Mais tenez : A la fin de son mandat en 2016, l’économie des USA etait de retour en forme, le taux de chommage etait le plus bas depuis des decennies et l’image des USA s’était beaucoup ameliorée par rapport aux années bélliqueuses de Bush….Puis les critiques se sont turent et Trump tentat même de s’approprier les merites.
Meme cas pour Nelson Mandela. Élu en incarnant l’espoir après les années sombres de l’Apartheid, il a pourtant été vilipendé tout au long de son mandat. Au final, l’opinion reconnait que si on a assisté aux prouesses économiques des années de Thabo Mbeki c’est parceque avant lui, Mandela avait posé des bases solides (Etat de droit) favorables à cet essor économique de l’Afrique du sud. Aujourd’hui Mandela est même adulé.
Fatshi se retrouve donc dans une situation trés similaire. Nous exigeons de lui d’effacer, en deux mois seulement, les 18 ans du régne catastrophique de Kabila couplés aux 32 ans de pillage de Mobutu.
Même s’il faisait deux mandats, donc 10 ans, ceci reste quasi-impossible. Mais ce qui est certains est que dans un futur proche nous nous rappelerons de l’avenement de Fatshi au pouvoir comme le début de l’essor de la RDC.
D’ailleurs, en un mois seulement il a déjà lancé des travaux ambitieux à Kinshasa et en Province, il a dejà entammé la fermeture des cachots illégals de l’ANR, il a lancé une guerre sans merci contre la corruption, la maximisation des recettes s’est auto enclenchée, les arriérés des personnels des entreprises publiques, et même privées, se regularisent. Des esprits éveillés, comme les évêques de la Cenco reconnaissent déjà qu’on va dans la bonne direction.
Malheuresement, pour l’instant si vous demandez au congolais lambda ce qu’il pense du premier mois de Fatshi, certains vous repondront : Tozo mona eloko te po biloko e kiti nanu te, delestage e sili nanu t, mayi ezo bima na robinet t, bazo boma kaka na Kivu…Negligeant ce qui se realise déjà et oubliant que Fatshi n’a pas de baguette magique.
Un autre vous dira même que rien n’a changé parceque Fatshi se rencontre souvent avec Kabila. Cher ndeko congolais, qu’attendions nous exactement de Fatshi? Qu’il puisse entamer la reconstruction (comme il le fait) ou qu’il puisse kangisa Joseph binemi?
Ainsi, en verité en verité je vous le dis : Pendant son mandat nous n’apprecierons jamais les réalisations du Président Fatshi à leurs juste valeurs. Mais en verité en verité je vous le jure : A la fin de ses mandats nous réaliserons la portée de ses oeuvres.
Soyons donc patients chers congolais. Maintenant plus que jamais ce pays a besoin de notre optimisme. Maintenant plus que jamais le président a besoin de notre soutien. Rassurez vous, à la fin de son mandat ce sera le peuple d’abord qui aura gagné.
Esperons seulement que ce moment là venu, ses detracteurs exigeront aussi la verité du succès de son mandat.
Sans rancunes…
Erick Bukula